Il était une fois, un beau jour d'un beau mois d'une jolie année d'un joli siècle, dans une jolie clinique blanche d'une jolie ville... *respire*... une jolie maman.
Une jolie maman enceinte...
Maman car déjà mère d'un charmant petit garçon blond comme les blés.
Enceinte car euh... Bref, passons et disons que c'est un immaculé :) ...
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Tout est calme, donc, dans les couloirs immaculés –eux aussi tiens :)-, aucune agitation... Cela s'explique sûrement par la présence d'un immense nuage toxique au dessus de la ville, dû à l'inéliminable incendie qui grignote peu à peu la plus grosse usine d'engrais chimiques de Nantes et des alentours, dégageant de terribles fumées corrosives obscurcissant le ciel même...
En fait le couvre-feu est carrément décrété dans un rayon de 3 kilomètres et les gens sont tous barricadés chez eux, à trembler...
L'évacuation a commencé (40 000 personnes transvasées).
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La maman de 28 ans à peine, elle, souffre.
Le bébé arrive... Il est onze heures trente, l'agitation reprend dans l'hôpital. L'accouchement est eutocique (c'est marqué sur le carnet de santé, même ^^).
Le bébé né peu après, le nuage est juste au dessus de la clinique.
Il est midi pile.
La clinique est plongée dans la plus totale obscurité...
L'ombre s'etend...
Seules quelques lampes blafardes viennent déchirer le noir de la salle glaciale *ambiance dramatique assurée par Alcalin* <= pub...
Nous sommes le jour même de la Saint Narcisse, le 29 Octobre de l'an de grâce 87 et je suis –enfin- né :).
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Un beauuuuu bébé boudiné, violet-rose-jaune-vert, guelard, gluant, cherchant avidement de quoi manger en rampant sur le ventre de sa maman (-_- j'aurais dû y rester)...
Le zoli bébé a un zentil frère –blond comme les blés-, qui pense immédiatement à le mettre à la poubelle, de peur qu'il ne lui pique ses playmobiles... Le zentil frère à qui il cassera plus tard : un bras, un poignet, deux chevilles, arrachera un bout de lèvre, poussera dans les escaliers et piquera les playmobiles...
En échange le zentil frère lui ouvrira la tête à l'aide d'un coin effilé, d'un lit et d'une porte (l'est fortiche mon fréro^^).
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Très vite bébé comprend la vie : il ne fait que manger et dormir. Peu enclin à marcher, bébé préfère rouler sur lui-même. Il faut dire que bébé est légèrement gros, voir carrément énorme, avec ses deux abajoues et son gros bidon potelé que tout le monde trouve siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii mignon...
'Alalalalalala sa fera un beau garçon', disent en c½ur la famille réunie autour du berceau à barreaux renforcés -pur titane-.
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'Comme il ressemble à son pèreeeeeeeee', disent-en c½ur- les parents paternels, admiratifs.
'Le portait de sa mèèèèèèèèèèèèèèèèèèèère', disent-en c½ur- les parents maternels, émerveillés.
'Qui c'est ?', dit -toute seule- l'arrière grand-mère maternelle, gâteuse...
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Bébé grandit quand même...
Il s'appelle Vincent. D'ailleurs Vincent n'aime pas son prénom : il fera une maxi scène jamais vue au Louvre quand il apprendra qu'un peintre maudit a porté le même prénom et qu'il est mort, fou, après s'être coupé l'oreille qu'il a offerte à une prostitué de passage.
Son père, adorateur fanatique de peinture, n'a donc jamais hésité à appeler son bambin comme ce talentueux dérangé (avec l'espoir que son fils suive le même chemin, l'oreille en plus)...
Ses parents le sortent donc avec difficulté du célèbre musée, pendant que des asiatiques prennent la scène émouvante en photo. C'était sans compter sur la perfidie du gamin qui fera se péter une jambe à une amie des parents en manipulant habilement un escalator embusqué... (Sans commentaire -_-').
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Les parents, soucieux de son éducation –ou pour se venger :) -, lui racontent tous les soirs une histoire : celle de la grande tante qui est morte en tombant de vélo sous les roues d'un 35 tonnes, celle d'un roi qui c'est fait courser pendant 2heures dans son château par 5 Ducs avant de se prendre 41 coups de poignard, la chèvre de monsieur Seguin (si si, même qu'elle meurt mangé par le loup à la fin et que le vieux monsieur Seguin il se retrouve tout seul),...
Les chansons sont aussi légion : Stuwart : le petit cheval blanc qui meurt électrocuté par un éclair de la même couleur (pour la rime), l'âne solitaire qui agonise au fond de son étable, oublié de tous, le pont des amants qui s'écroule en emportant tous les amoureux avec lui dans l'immensité glaciale de la Seine,...
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Bébé n'en ressort que très légèrement traumatisé... :) *Dort avec un Opinel ouvert sur sa table de chevet* ...
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Les parents instruisent vite le chiar...euh le charmant bambin : visite de Londres (j'ai fait tombé l'appareil photo dans le bassin des flamants roses et je me suis fais mordre par un écureuil gris prétendument apprivoisé), l'Irlande (une vache typique sur le capot de la voiture de location), l'Italie (je me suis paumé pendant 4 heures dans un labyrinthe de maïs local),...
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Bébé maigrit vite et ses joues fondent, avec toutes ces émotions... Ouf !
Qui a dit 'anorexique' ? *_*
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Méthode radicale pour sevrer bébé : les parents font accidentellement tomber le biberon par terre en le lavant <= version officielle... *S'en est pas remis*...
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Papa fait des tours de magie en avalant une allumette enflammée devant ses fils émerveillés, tous les soirs.
Fils émerveillés qui mettront le feu à la cuisine en essayant de l'imiter peu après...
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Roulade dans les orties en apprenant à s'arrêter en vélo...
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Divers animaux...particuliers également : poissons suicidaires (un dans l'évier, un dans l'aspirateur), hamsters névrosés (essayant de se défenestrer en sautant de la cage), cochon d'inde boulimique (mange-dort-mange-dort-mange-couine-dort-mange-dort-boit),...
Cela ne vient pas des animaux en eux même, en fait. Plus tard nous découvrirons avec stupeur que c'est notre seule présence qui suffit à déclencher les drames...
Nous ne citerons comme exemples que quelques cas marquant : l'égorgement d'un mouton domestique par la chienne du voisin lors d'une promenade par nous (une pulsion -_-), le même chien qui saute dans le fleuve pour rapporter le bâton et qui préfère mourir noyé que de lâcher le dit bâton (il survivra finalement, mon père ayant sauté à l'eau pour rapporter le bâton et le chien qui allait avec...), le suicide du chat des voisins –Domino- qui est tombé du 6éme étage en essayant d'attraper un moineau qui picorait sur la balustrade alors que nous devions le nourrir pendant leur absence, le rouge gorge apprivoisé de mon parrain qui c'est accidentellement mangé le velux (double-vitrage) et enfin le perroquet de ma grand-mère qui c'est étouffé avec une cacahouète donné avec bienveillance par ma mère (qui ne le supportait pas)...
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Puis, ensuite, vint le temps des apprentissages...
La musique pour le petit, le sport pour le grand.
Le sadomasochisme pour le petit, l'automutilation pour le grand. <= traduction.
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Mon prof de violon part en dépression après trois mois et c'est au piano que je trouve finalement mon bonheur (ne disons pas 'épanouissement' -_-).
J'en ferais 8 ans.
8 ans de patience magnifique de la part de mon prof, alors que je confondais encore au bout de la 8éme année ma droite et ma gauche (il me marquait 'D' et 'G' au marqueur sur les mains -_-).
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On fournit au petit garçon l'éducation adéquate : il faut lui apprendre à nager,...
Maxime, le gentil prof de natation de la ville s'en charge à merveille. Après 24 séances intensives le garçonnet nage à peu prés –bien qu'il a du mal à être allongé dans l'eau et préfère faire des rebonds sur le fond pour avancer-.
Qu'elle ne fut pas la surprise quand, en ouvrant le journal un joli matin ensoleillé, les parents découvrent le gentil prof de natation en première page, les menottes aux poignets.
Le gentil Maxime n'était apparemment autre qu'un méchant tueur à gage professionnel qui venait d'exécuter un contrat dans la ville avant de se faire prendre.
Couverture : maître nageur... (Véridique -_-, comme le reste).
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Un déménagement plus tard -dans une ville sans piscine- tout va très vite : déménagement sur déménagement, bizarrement le p'tiot y prend goût :) ...
Qui a dit sadomasochiste ? *_*
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Que de souvenirs dans la ville où il restera finalement le plus longtemps : la fausse crise d'appendicite (avec écographie et tout :) ...), un dentiste-charcutier (BZIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ZIIIIIIIIIIIIIIIIII *splotch*BZIIIIIIIIIIIIIIIII), le collège privé Catholique (avec les s½urs enterrées dans l'arrière cour), le théâtre (j'ai successivement interprété : 'le loup catholique', 'le vilain prince hérétique' et 'le poseur-de-bombe-ayant-quitté-le-droit-chemin-du-miséricordieux-Seigneur'...-_-), le Grec (je sais juste décliner 'le Dieu est sur la colline' à tous les temps -_-),...
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Les appareils dentaires : le casque de nuit, les bagues, les élastiques (force « lapin », « tortue »,...)...
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Puis re-déménagement dans une ville plus...calme. Le brevet.
Vie toujours parsemée de malédictions croustillantes (ce jour béni où j'ai arraché le robinet chromé des WC d'un restaurant 4 étoiles,...)...
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Côté survivants dans les animaux ce n'est pas mieux.
Dispersés dans la famille leur espérance de vie reste restreinte : le perroquet remplaçant l'ancien et répondant au doux nom de 'Mon grand' pond des ½ufs, la tortue –'Carole'- s'accouple périodiquement avec un cailloux du jardin en poussant des râles obscènes et le chat domestique castré –'Moumou'- arrive à avoir des petits tous les ans avec des minettes de passage,...
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Enfin re-re-déménagement dans l'actuelle ville :).
LA JAPD : arme par arme, tank par tank, avion par avion : cadence de tir, poids, vitesse, chargement,...
Le Bac...
La patinoire...
Les études... (J'ai eu mon premier semestre, au fait ^^).
Les amis...
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Mais surtout... Et partout... De supers souvenirs.